Kinshasa, décembre 2025 – L’Union pour la Défense des Droits des Consommateurs au Congo (UDECOM) continue de sonner l’alarme sur les pratiques tarifaires appliquées dans les services de transfert mobile en République Démocratique du Congo. Dans une correspondance officielle référencée CTN/063/CN/2025 du 1er décembre 2025, l’organisation avait saisi l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC) afin d’obtenir des éclaircissements sur la structure des prix et les principes de fixation des frais de transfert et de retrait, notamment chez certains opérateurs de mobile money.
Cette démarche faisait suite à un incident rapporté par un utilisateur d’un service de transfert mobile, dénonçant un prélèvement jugé excessif lors d’une opération de retrait. Selon les informations recueillies par l’UDECOM, les frais appliqués apparaissent anormalement élevés, opaques et difficilement compréhensibles pour le consommateur moyen, déjà confronté à un faible pouvoir d’achat et à la cherté de la vie.
Estimant que ces pratiques pourraient être contraires aux principes de transparence, d’équité et de protection du consommateur consacrés par la législation en vigueur, l’UDECOM avait sollicité de l’ARPTC des explications précises sur la structure des tarifs, les mécanismes de contrôle existants ainsi que l’encadrement réglementaire applicable à ces services à caractère quasi-financier.
Cependant, malgré la gravité de l’alerte et l’importance sociale du secteur du mobile money, l’ARPTC n’a, à ce jour, donné aucune suite officielle à cette correspondance. Ce silence prolongé est perçu par l’UDECOM comme préoccupant, d’autant plus que l’ARPTC a pour mission fondamentale de veiller à la régulation du secteur des télécommunications et à la protection des droits des consommateurs.
En revanche, l’initiative de l’UDECOM n’est pas restée sans écho au niveau du Gouvernement. Par une lettre datée du 17 décembre 2025, le Ministère de l’Économie nationale, à travers le Cabinet du Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Économie nationale, a officiellement accusé réception de la correspondance de l’UDECOM.
Dans cette réponse, le Ministère indique que, dans le cadre de la mise en œuvre du Décret n°25/032 du 10 octobre 2025 portant création, organisation et fonctionnement de la Commission de la Concurrence (COMCO), il est en cours d’élaboration d’un protocole d’accord avec les autorités de régulation sectorielles, dont l’ARPTC. Ce mécanisme vise à renforcer la coopération, la concertation et l’échange d’informations, notamment en matière de protection des consommateurs, de transparence tarifaire et de régulation des pratiques économiques.
Le Ministère de l’Économie nationale souligne que cette dynamique a pour objectif d’améliorer la coordination interinstitutionnelle, de prévenir les pratiques préjudiciables aux consommateurs et de garantir un encadrement cohérent de l’ensemble des secteurs économiques dans l’intérêt général.
Tout en prenant acte de cette réponse gouvernementale, l’UDECOM réaffirme que la protection effective des consommateurs exige des actions concrètes et des réponses directes des organes de régulation compétents. L’organisation appelle ainsi l’ARPTC à sortir de son silence, à assumer pleinement son rôle et à fournir aux consommateurs congolais des explications claires et accessibles sur les frais appliqués dans les services de transfert mobile.
Pour l’UDECOM, la transparence tarifaire et la justice économique ne sont pas des options, mais des obligations dans un contexte où les services financiers numériques occupent une place centrale dans la vie quotidienne de millions de Congolais.


Ir Heritier BONAMA















